When Corden met Barlow

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Hier soir était diffusé sur BBC One un documentaire sur Gary « When Corden met Barlow ». Il a rassemblé plus de 3 millions de téléspectateurs. Si on connaît sa carrière par coeur, ce documentaire,  sous forme de roadtrip-entretien avec le comédien James Corden, nous offre l’histoire d’une façon plus personnelle, mettant l’accent sur les années noires. Comme le dit Robbie Williams au début du documentaire « on a du mal à croire que cette histoire est vraie. Il est l’incarnation de la renaissance ». Voici un résumé des moments forts du documentaire (vidéo du documentaire en bas de l’article).

Quand James Corden (comédien reconnu en UK et grand fan de Gary et Take That) demande à Gary pourquoi il a accepté de tourner ce documentaire, il répond simplement « Il est temps pour moi de tourner la page sur une période sombre de ma vie ». L’enregistrement commence deux mois avant le début de sa tournée solo pour Since I saw you last.
James débute en montrant des vidéos de Gary adolescent, déjà sur scène dans les working men’s clubs. Il se produira plus de 600 fois dans ces petites salles pour les ouvriers notamment au Halton British Legion où il chantera « A million love songs » pour la première fois. Gary a du mal à regarder ces vidéos et avoue qu’il s’est toujours senti plus vieux que son âge justement grâce/à cause de cette expérience.

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Gary et James en studio crédit: BBC

 Les deux hommes prennent la route en chantant les plus grands succès de Take That. Ils arrivent à Manchester, dans la boîte où Gary a auditionné pour faire partie de Take That. C’est la rencontre avec Nigel Martin Smith, le sulfureux manager des Take That dans les années 90. Il était sûr dès le début que le groupe aurait un succès phénoménal. C’est aussi le premier à avoir cru en Gary alors qu’il n’avait que 19 ans lorsqu’il lui a fait écouter « A million love songs ». Pourtant Gary ne voulait pas faire partie d’un groupe, encore moins d’un boysband. Mais il a appris au fur et à mesure à apprécier le travail d’équipe. Il admet qu’il ne se comportait certainement pas de la bonne façon avec les autres membres du groupe. Il cite comme exemple l’enregistrement de « Relight my fire » qui devait être initialement chanté par Robbie. Robbie avait du mal à arriver à un bon résultat alors Gary a pris sa place et enregistré sa version sans en parler aux autres.

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Nigel Martin Smith, Gary et James; crédit: BBC

Vient ensuite la séparation du groupe « Quand Robbie est parti, il n’y avait plus rien de naturel. Nous étions un groupe moins une personne, alors il fallait mieux se séparer ». C’est à lui qu’on promettait une grande carrière, pas à Robbie. Mais le destin en décide autrement. Les chansons de Gary ne rencontrent pas leur public. Les gens en ont marre des ballades et veulent du rock, les groupes qui marchent sont des gens comme Oasis et Blur, et Robbie va savoir surfer sur cette vague. Sa carrière explose alors que celle de Gary tombe dans l’oubli. Gary n’est pas à la mode et les medias lui reprochent son arrogance. Il devient peu à peu une sorte de blague nationale, un sujet récurrent de sketches, et tout le monde s’y met. Il est de bon ton de « taper » sur Gary Barlow.

Robbie avoue alors dans un entretien: « je regrette d’avoir craché sur lui comme ça alors qu’en fait, je l’aimais énormément. J’étais justement blessé parce que je l’aimais et ce ressentiment est sorti violemment. Une fois que tout est sorti, il ne reste que l’amour que j’ai pour lui ».

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Robbie; crédit BBC

Leur prochain arrêt du roadtrip les emmène chez la maman de Gary, Marjorie. C’est une femme discrète qui ne s’est jamais exposée à la TV. Et quand James lui demande quel est le moment dont elle est le plus fière, elle répond la décoration de l’ordre OBE donnée par la Reine (en novembre 2012 ndlr). Elle n’est pas très expansive mais exprime simplement sa tristesse quand Gary était au fond du trou. Sa descente aux enfers était un sujet tabou. Gary rétorque: « On ne peut pas abandonner, ça sert à quoi d’abandonner? »

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James, Marjorie et Gary; crédit BBC

De retour en studio, James montre cette fois-ci un extrait des Brit Awards 2005. C’est l’année où on décerne à Robbie le Brit Award de la meilleure chanson des 25 dernières années pour « Angels ». A cette occasion, le duo de comiques David Walliams et Matt Lucas font un sketch déguisés en Gary et Howard où ils se moquent ouvertement de Gary une nouvelle fois, et Robbie prend le trophée en disant « désolé Gary mais j’ai toujours été le membre le plus talentueux du groupe ». Gary est crispé en regardant cet extrait même s’il dit que ça va, que c’est le passé. Il se libère un peu et avoue que le plus dur pendant cette période-là, c’était de se sentir aussi nul. Le fait que tout le monde se moque de lui lui a coupé l’envie de chanter pendant 7 ans. Il n’avait plus envie d’être lui. Il voulait s’oublier dans la nourriture et les cigarettes. Il était sur la pente de la dépression. Il était devenu radioactif alors qu’avant, tout le monde voulait être son ami. Heureusement qu’il avait une famille solide. Dawn, sa femme, est restée à ses côtés et lui a donné des enfants qui l’ont empêché de tomber trop bas. Pendant sa pire période, il pesait 108 kgs (contre 76 kgs aujourd’hui avoue t’il). C’était intentionnel, il ne voulait plus se ressembler, il ne voulait plus être reconnu, il voulait avoir la paix. Il ajoute qu’il a passé 8 mois sans sortir de chez lui. Il a maudit son piano, celui sur lequel il avait composé tous ses succès. Il a fini par recommencer à écrire mais tous les producteurs refusaient même d’écouter. Les portes se fermaient rien qu’à l’annonce de son nom.

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Gary à 108 kgs; crédit BBC

Et puis fin 2005, Take That se reforme à 4 le temps d’un documentaire à l’occasion de l’anniversaire du groupe. Le succès de ce documentaire n’était pas prévu. Dès le lendemain, Gary reçoit de nouveau des coups de fil, on leur propose une tournée. Il avoue que ce jour-là, tout a changé. Il avait de nouveau envie d’être lui…et de perdre du poids. La réussite de la tournée Ultimate Tour et surtout le single qui suit « Patience » prouveront au monde entier que Gary pouvait encore écrire de bonnes chansons. C’est le retour en grâce. Il confesse avoir su dès le début que Robbie reviendrait dans le groupe, que c’était la meilleure façon de boucler la boucle. Mais ce qui est intéressant, c’est ce qui se passe après. Gary est devenu un homme très occupé, entre The X Factor, tous ses engagements associatifs, le jubilé de la Reine et tous les évènements auxquels il participe volontiers. « Take That c’est mon premier métier, le reste m’occupe entre temps ». Un journaliste ajoute qu’il est désormais intouchable, qu’il serait très difficile pour un journal de sortir une histoire désobligeante à son sujet de peur de contrarier les lecteurs. Robbie surenchérit: « Il a désormais sa propre catégorie, la catégorie de Gary Barlow ». Il fait partie de l’Establishment de la musique en UK. Elton John s’amuse même à dire que Gary suit ses pas.

Nouvelle étape du documentaire dans la voiture. Gary déclare qu’il n’est actif que sur Twitter mais qu’il trouve ça génial. Il parle ensuite d’une campagne qui a été menée par une demoiselle d’honneur pendant des mois invitant Gary à venir chanter au mariage de sa meilleure amie. Il a vu cette campagne partout pendant un an, même lors de ses concerts. Alors il a décidé d’organiser ça et de faire la surprise à la mariée. C’est ainsi qu’on le voit débarquer en plein mariage en train de chanter « A million love songs » devant Louise, la mariée qui lui saute dans les bras! C’est aussi pour ça qu’il est populaire, il est proche des gens et de ses fans.

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Gary au mariage de Louise; crédit Nigel Harper

James aborde ensuite le sujet le plus intime qui soit, la mort de Poppy, sa fille mort-née quelques jours avant la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de Londres (août 2012, les Take That participeront finalement à la cérémonie malgré le deuil de Gary, ndlr). Gary parle de cette tragédie à travers son album « Since I saw you last ». Il explique le processus d’écriture et dit que la chanson « Let me go » lui est venue dès le 4ème jour du processus, et que c’est plutôt inhabituel pour lui d’avoir une chanson si tôt dans l’écriture. On comprend alors que cette chanson qui paraît si joyeuse sur laquelle tous les fans sautent et dansent pendant les concerts est en fait la voix de sa fille Poppy (let me go: laisse moi partir). C’est un paradoxe qui rend Gary heureux, « ça rend les paroles vivantes et ça garde une flamme allumée ». Il n’en dira pas plus par pudeur et par respect pour sa femme mais c’est un moment très émouvant. Il ajoute qu’il a essayé de ne pas faire un album triste (il a aussi perdu son père quelques mois avant sa fille). Mais tout le monde s’accorde à dire que même si c’était un pari risqué de sortir un album solo à l’apogée de sa popularité, Gary a largement relevé le défi.

Le documentaire se termine en studio avec les musiciens pendant les répétitions de la tournée. James prend le micro pour remplacer Elton John sur le duo « Face to face ». Un dernier sourire et ces quelques mots de James Corden: « They say you should never meet your heroes. Well, they obviously haven’t met Gary Barlow » (Ils disent qu’on ne devrait jamais rencontrer ses héros. Ils n’ont manifestement pas rencontré Gary Barlow).

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Gary et James; crédit BBC

 

When Corden met Barlow (crédit: GB) n’hésitez pas à nous signaler si le lien n’est plus disponible

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